Comment se remettre en selle
après une bonne chute

Après avoir enregistré une baisse à tous les étages, l’enseigne, bien servie par ses Mousquetaires et Publicis Conseil, s’est offert la plus belle progression de CA du secteur.

1 OBJECTIF
Relancer le business en magasin


Fin 2007, les études confirment la désaffection croissante des enseignes de distribution traditionnelles par les consommateurs au profit des hard-discounters. Et si quelques-uns– Système U, Carrefour, E.Leclerc – réussissent à augmenter leur part de marché (PDM), Intermarché voit la sienne perdre 0,1 point entre 2006 et 2007. Et le problème ne se limite pas à la seule PDM :
« Nous étions derniers sur tous les items d’image, à l’exception de l’image “prix”, explique Katell Jumel, responsable de la communication externe d’Intermarché. L’enseigne était jugée vieillotte, ringarde. Elle avait perdu 1,3 point de pénétration en 2006. Son image prix la rapprochait davantage des hard-discounters… » Mais sans tirer profit de l’essor de ces derniers, dont le marché a gagné 5 points de PDM en sept ans en France. Dernier indicateur de perte de compétitivité, les marques propres de l’enseigne venaient d’enregistrer, entre 2006 et 2007, la seule mais aussi la plus forte baisse du secteur avec – 0,9 point, là où tous les concurrents affichaient une hausse de 0,4 à 3,8 points. Seul indicateur nettement orienté à la hausse, la part de voix de
l’enseigne (15,5 %), ne faisait qu’accentuer le problème. « Il fallait rééclairer la preuve et en donner d’autres, résume Katell Jumel. L’objectif principal étant de réhabiliter l’image de l’enseigne pour relancer le business en magasin. »

2 MOYENS
Donner du sens au discount et multiplier les prises de parole

Bien qu’ayant augmenté sa part de voix, l’enseigne restait inaudible du fait d’une communication plurielle et confuse : « Le groupement avait pris pour habitude de promouvoir ses marques propres par le biais de campagnes en radio et en télévision
indépendamment de la communication de l’enseigne, rappelle Jean-Patrick Chiquiar, dg de Publicis Conseil, mandaté après compétition pour relancer les affaires des Mousquetaires. Les efforts faits en communication pour les MDD de l’enseigne ne nourrissaient pas cette dernière. Les consommateurs ne faisaient pas le lien entre l’enseigne et ses marques. » Outre la décision de ne plus scinder les produits des marques, Intermarché et son agence ont également revu le discours de l’enseigne, trop focalisé sur un discount vide de sens. Jusqu’à proposer une nouvelle conviction de marque privilégiant un discount exigeant (des prix bas garantissant la qualité) à l’exigence du discount (exiger des prix bas pour combattre la vie chère).« Nous avons décidé de mettre en scène le combat quotidien des Mousquetaires pour promouvoir le discount exigeant et le valoriser notamment en télévision, que nous avons utilisée comme un média publipromotionnel cadencé en fonction des besoins de l’enseigne, poursuit Jean-Patrick Chiquiar. Chaque combat constituant un élément différenciant vis-à-vis des autres enseignes, replacé dans des créations mixant réel et virtuel pour «spectacilariser» l’annonce”. » En privilégiant les formats courts, l’enseigne a également pu multiplier les prises de parole – trois fois plus nombreuses en 2008 qu’en 2007 – à investissement média comparable. Parallèlement à la télévision, la marque a investi la radio et Internet afin d’appuyer les opérations promotionnelles. Le print était davantage utilisé pour des prises de parole plus corporate, s’appuyant sur l’actualité pour défendre le nouveau parti pris du discount exigeant.

3 RÉSULTATS
+ 0,3 % de PDM

Avec une évolution de 6,5 % de son CA en un an (26 Mds€ en 2008), Intermarché a renoué avec la croissance pour la première
fois en quatre ans et a réalisé la plus forte progression de son secteur. Chaque prise de parole s’est accompagnée d’une augmentation de CA. Ainsi, + 7,5 % de CA ont été générés par l’opération « Combat contre la vie chère » de mai 2008. De même, la PDM des marques propres de l’enseigne a enregistré une hausse avec le lancement de la campagne télévisée d’avril 2008. Selon Référenseigne 2008, de TNS Worldpanel, Intermarché a obtenu les meilleurs résultats business en 2008, tout en étant la seule enseigne à moins investir. Côté image aussi, les campagnes ont également dépassé les normes du secteur. Donnant une bonne image (62 % en 2008 vs 46 % en 2007), elles sont considérées comme crédibles (53 % vs 39 %), convaincantes (51 % vs 32 %) et faciles à comprendre (88 % vs 63 %).

Valéry Pothain - CB News - www.cbnews.fr