1 OBJECTIF Retrouver ses
galons d’icône des soft-drinks
« Les montagnes russes », « Le sirtaki »,
« Le flipper »… Les pubs Orangina n’ont
cessé de faire rire le public avec leur humour
piquant fait de décors colorés, de
costumes grotesques et de gueules improbables.
Sous leur impulsion, Orangina est
définitivement passée au panthéon des
marques cultes françaises. Sauf que si sa
notoriété assistée reste excellente (88 %)
et son taux d’attachement élevé, les parts
de marché subissent une dégringolade
entamée depuis 1986, avec une baisse
moyenne de 5 % par an en volume. « Dans
l’esprit des gens, l’horloge publicitaire s’est
arrêtée en 1994, avec les hommes-bouteilles
d’Alain Chabat. Jusqu’en 2006,
rien ne s’est passé, la notoriété reposait
donc sur une campagne vieille de quinze
ans » déplore Hugues Pietrini, directeur
marketing d’Orangina Schweppes. En
clair, la marque est aimée, mais oubliée,
donc zappée des frigos. Des frigos qui,
pourtant, se remplissent aisément de
produits concurrents dont les innovations,
de la création de nouveaux goûts au
sans-sucre, en passant par le packaging,
ne cessent d’encourager les Français à
consommer du soft-drink. Parmi eux,
le redoutable leader Coca-Cola impose
ses 52,4 % de PDM et ses 55,8 litres bus
chaque année par consommateur (contre
7,4 litres pour Orangina). En réaction, la
marque à la pulpe veut se décentrer de sa
cible première, la ménagère, pour mieux
s’imposer dans l’esprit des 15-25 ans et
regagner ses galons d’icône.
2 MOYENS
De belles plantes
aguicheuses
En 2007, les travaux de reconstruction
d’Orangina commencent. Fred&Farid,
l’agence qui récupère le budget pour
l’occasion, est en charge du gros oeuvre.
D’abord, la promesse de marque est retravaillée
pour réinstaller les spécificités du
produit qui avaient disparu au fil des campagnes.« Depuis les années 70, ils exploitaient
le territoire du secouement, mais la
boisson à secouer est devenue la boisson
des secoués », explique l’agence, qui suggère
d’exploiter les deux alliages phares
du produit : jus de fruit à l’orange, plus
soft-drink. « Un produit schizophrénique,
hybride qui en faisait le plus natu rel des
soft-drinks », insiste-t-elle. La naturalitéet le côté fun qu’inspirent les soft-drinks
fusionnent donc en une spécificité, qui
plus est historique : la pulpe. « Naturellement
pulpeuse » signera dorénavant
toutes les prises de parole publi citaires
d’Orangina. Et pour construire une image
de marque uniforme et cohérente, un
univers déclinable sur divers supports
a été imaginé autour de cette pulpe, naturellement
sexy. Des pin-up végétales,
animales ou minérales ont ainsi fleuri
en campagne dans des pauses
lascives, la bouteille ronde à
la patte ou à la feuille. Un film
(1,45 min) les met d’ailleurs
en scène dans une vaste comédie
musicale en 3D, réalisée
par les Psyop.
Et aux teasers TV de 10 s, lancés
en octobre 2007, succédera
un débarquement massif
des pin-up dans l’Hexagone :
en film de 60 s, en print sur lesAbribus, quais de gares, cartes postales
ou bâches, sur les lieux de vente, Internet,
en événementiel, en vitrophanie dans les
cafés également pourvus en produits dédiés,
goodies… « Les codes iconiques ont été exploités, comme le jaune, la bouteille
ronde, l’idée de rafraîchissement… Avec,
en plus, cette représentation inconsciente
de la divinité dans les pin-up, sorte d’animisme
universel » ajoute Fred&Farid. Et
la formule miracle a marché.
3 RÉSULTATS
Des ventes
en hausse de 19,8 % au
premier trimestre 2009
Avec un investissement quasi équivalent
aux campagnes précédentes (plus
de 15 M€), ce repositionnement permetà Orangina d’augmenter son top of mind,
passé de 2 à 5 points d’avril à juin 2008, et
sa notoriété spontanée, passée de 10 à 21
sur la même période. Du coup, les ventes
voient leur volume grossir de 19,8 % au
premier trimestre 2009 (vs 2008), alors
que l’ensemble de la catégorie soft-drinks
ne gagne que 5,1 % et que Fanta perd 26 %.
Pour la première fois depuis longtemps,
la courbe des PDM d’Orangina remonte,
et la marque prend la 3e place du classement
derrière Coca-Cola et Oasis. Ces
résultats assurent aux pin-up de nouvelles
poses lascives à venir, notamment pour
l’Orangina Rouge qui devrait
débarquer dans un film mêlant
3D et images réelles. Fini
la tronçon neuse, méchante « parce que ! », place à une panthère
maniant dangereusement
le fouet (si la version n’est pas
censurée…). Et l’arrivée de
deux innovations produits,
le Rastaman (goût tropical)
et l’Aristo (goût cassis), promet
un élargissement de cette
famille sauvage. « On tire la
pelote depuis dix-huit mois.
Cette capacité à décliner le
concept à l’infini nous a vraiment
séduits », conclut H. Pietrini.
Justine Valletoux - CB News - www.cbnews.fr |